Explorer les disparités territoriales en Nouvelle-Calédonie
Des 162 IRIS du pays aux quartiers du Grand Nouméa
Six visualisations interactives pour comprendre les écarts sociaux, résidentiels et matériels entre les 162 IRIS de Nouvelle-Calédonie, puis entre les quartiers du Grand Nouméa.
Nouvelle-Calédonie
Cartographie
Inégalités
Recensement
Auteur·rice
Jonas Brouillon
Date de publication
16 août 2026
Modifié
10 octobre 2026
Une moyenne pour toute la Nouvelle-Calédonie peut cacher de grands écarts entre les territoires. Où le chômage est-il le plus présent ? Les quartiers où vivent davantage de cadres sont-ils aussi les mieux équipés ? Les mêmes contrastes apparaissent-ils dans les trois provinces et dans le Grand Nouméa ? Les cartes et graphiques de ce post permettent d’explorer directement ces questions.
Un IRIS est une petite zone statistique utilisée pour diffuser les résultats du recensement. La première partie couvre les 162 IRIS de Nouvelle-Calédonie en 2019. La seconde zoome sur 58 zones du Grand Nouméa, rendues comparables pour suivre douze indicateurs entre 2014 et 2019.
Les six visualisations offrent trois façons de regarder les données : les cartes montrent où se situent les écarts, les nuages de points indiquent si deux phénomènes évoluent ensemble, et les matrices résument plusieurs indicateurs à la fois. Elles décrivent des territoires, pas les personnes une par une. Une association visible sur une carte ou dans un graphique ne prouve donc pas qu’un phénomène en cause un autre.
Deux indicateurs demandent une attention particulière. La part des personnes résidant en tribu décrit une situation résidentielle et foncière ; elle ne mesure pas l’appartenance communautaire. Dans le Grand Nouméa, la connaissance déclarée d’une langue kanak est utilisée comme indicateur spatial indirect. Elle ne définit pas davantage l’identité des habitants. Ces deux variables servent seulement à observer comment différentes réalités se rencontrent dans l’espace.
En bref
1 · Accès à internet
Une moyenne pour tout le pays cache de grands écarts.
28zones
Dans ces zones de recensement (les IRIS), au moins 80 % des ménages n’ont pas accès à internet. Seules 2 sont dans le Grand Nouméa, qui regroupe à l’inverse 22 des 23 zones sous 20 %.
2 · Emploi
Le chômage dessine la même géographie.
34zones
Le chômage y touche au moins 30 % des actifs. Une seule est dans le Grand Nouméa, qui regroupe 29 des 31 zones sous 8 %.
3 · Diplômes
Les zones les plus diplômées sont toutes à Nouméa.
13 sur 13
Ce sont les zones où la part de diplômés d’un bac +3 ou plus atteint au moins 35 %, toutes dans la commune de Nouméa. Dans la moitié des zones du pays, cette part reste sous 6,5 %.
4 · Origine et diplômes
Nés hors du pays, diplômés du supérieur : deux cartes qui se ressemblent.
r = 0,87
C’est la corrélation entre la part des personnes nées hors de Nouvelle-Calédonie et celle des diplômés d’un bac +3 ou plus, dans les 155 zones habitées. Le lieu de naissance ne dit pas l’appartenance communautaire : ce lien décrit des zones, pas des personnes.
5 · Cumul des écarts
Chômage élevé et absence d’internet vont souvent de pair.
r = 0,81
Chaque point est une zone : plus elle compte de ménages sans internet, plus son taux de chômage tend à être élevé. Les zones du Grand Nouméa se regroupent en bas à gauche. Ce lien ne dit ni la cause, ni la situation de chaque habitant.
6 · Lire ces cartes
Ces écarts décrivent des territoires, pas des personnes.
155zones habitées
Les calculs portent sur les zones habitées parmi les 162 du pays ; chaque zone compte une fois, quelle que soit sa population. Une corrélation entre zones ne démontre ni une cause ni une relation individuelle. Les cartes interactives proposent vingt indicateurs et les quartiers du Grand Nouméa en 2014 et 2019.
Les menus donnent accès à vingt indicateurs : diplômes, emploi, catégories professionnelles, structure familiale, lieu de naissance, habitat, équipement des ménages ou encore déplacements quotidiens. La vue peut couvrir tout le pays ou se limiter à une province.
Comparer deux indicateurs sur la carte
Choisissez un indicateur pour chaque carte, puis le territoire à afficher. Les deux cartes gardent toujours la même vue, ce qui facilite la comparaison. Survolez un IRIS — ou sélectionnez-le au clavier — pour connaître son nom, sa commune, sa population et sa valeur.
Chaque indicateur possède sa propre légende. Une même couleur ne correspond donc pas forcément au même pourcentage sur les deux cartes. Le gris signale une donnée non disponible.
Croiser les indicateurs entre IRIS
Chaque point représente un IRIS. Sa couleur indique la province et sa taille donne une idée de sa population. La droite rouge résume la tendance générale. Dans le calcul du coefficient de corrélation, chaque IRIS compte une fois, quelle que soit sa population.
r
Lire le coefficient de corrélation
Le signe donne le sens : avec un r positif, les deux indicateurs augmentent ensemble ; avec un r négatif, l’un tend à diminuer quand l’autre augmente. La valeur absolue|r| donne la force du lien : moins de 0,30, il est faible ; de 0,30 à 0,60, modéré ; de 0,60 à 0,80, fort ; au-delà de 0,80, très fort. Ces seuils sont des repères, pas des règles.
Un r proche de zéro signifie seulement qu’il n’y a pas de relation linéaire nette. Il peut masquer une relation courbe et reste sensible aux valeurs extrêmes. Il ne démontre jamais qu’un indicateur cause l’autre.
Les IRIS n’ont ni la même population ni la même superficie. La taille des points rappelle cette différence, mais elle ne modifie pas le calcul. La corrélation décrit seulement ce qui va souvent ensemble dans l’espace ; elle ne donne pas une explication.
Un exemple en 2019. Dans les IRIS renseignés, la part des personnes nées hors de Nouvelle-Calédonie et celle des cadres et professions intermédiaires évoluent assez souvent ensemble : leur coefficient atteint 0,80. Ce résultat décrit une géographie commune, mais ne dit rien de certain sur les personnes prises individuellement ni sur les causes de cette répartition.
Grand Nouméa : suivre les quartiers de 2014 à 2019
Les tableaux par quartier de 2014 et 2019 offrent une vue plus fine de l’agglomération. Les deux outils ci-dessous utilisent les mêmes douze indicateurs et les mêmes 58 zones, afin que la comparaison reste cohérente d’une année à l’autre.
Comparer deux indicateurs sur la carte
Choisissez deux indicateurs, une année et un territoire. Les deux cartes restent synchronisées. Survolez un quartier — ou sélectionnez-le au clavier — pour afficher les effectifs utilisés et le pourcentage calculé.
La légende d’un indicateur ne change pas entre 2014 et 2019. Elle reste cependant différente de celle de l’autre indicateur : comparez les formes spatiales et vérifiez les pourcentages dans chaque légende.
Croiser deux indicateurs
Choisissez deux indicateurs, une année et un territoire. Chaque point représente un quartier. La droite rouge montre la tendance générale : si elle monte, les deux indicateurs ont tendance à augmenter ensemble ; si elle descend, ils évoluent plutôt en sens inverse. Le coefficient r résume la force de cette relation.
r
Lire le coefficient de corrélation
Le signe donne le sens : avec un r positif, les deux indicateurs augmentent ensemble ; avec un r négatif, l’un tend à diminuer quand l’autre augmente. La valeur absolue|r| donne la force du lien : moins de 0,30, il est faible ; de 0,30 à 0,60, modéré ; de 0,60 à 0,80, fort ; au-delà de 0,80, très fort. Ces seuils sont des repères, pas des règles.
Un r proche de zéro signifie seulement qu’il n’y a pas de relation linéaire nette. Il peut masquer une relation courbe et reste sensible aux valeurs extrêmes. Il ne démontre jamais qu’un indicateur cause l’autre.
Une corrélation montre une ressemblance entre deux géographies. Elle ne suffit pas à expliquer pourquoi cette ressemblance existe.
Passer des quartiers aux IRIS
Les deux matrices suivantes changent d’échelle sans changer de mode de lecture. Sélectionnez Nouvelle-Calédonie · IRIS pour comparer les 162 IRIS du pays ou ceux d’une province. Sélectionnez Grand Nouméa · quartiers pour revenir aux 58 zones de l’agglomération et choisir 2014 ou 2019.
Comparer plusieurs dimensions
Cette première matrice permet de comparer plusieurs dimensions sans changer de graphique. Cinq indicateurs sont affichés au départ ; ouvrez le menu Indicateurs pour retirer ou ajouter librement des colonnes. Chaque ligne correspond à un IRIS ou à un quartier, et chaque colonne à un indicateur. Le nombre inscrit dans la case est le pourcentage observé. La couleur situe la zone par rapport aux autres zones de la même échelle : rouge pour les valeurs les plus faibles, bleu pour les plus élevées. Elle ne signifie donc pas « mauvais » ou « bon ».
Le pourcentage n’est pas toujours calculé sur la même population. Comparez d’abord les zones à l’intérieur d’une colonne ; les infobulles précisent ensuite les effectifs utilisés.
Voir toutes les corrélations d’un coup
La matrice de corrélations résume les liens entre les indicateurs sélectionnés. Le menu Indicateurs permet de composer la matrice ; sept variables sont proposées au départ pour conserver des libellés et des cases suffisamment grands. Chaque ligne et chaque colonne représentent une variable ; leur croisement affiche le coefficient r. Une case bleue indique que les deux variables ont tendance à augmenter ensemble, une case rouge qu’elles évoluent plutôt en sens inverse. Une teinte claire, proche du centre de la palette, signale qu’aucune relation linéaire nette ne se dégage.
La diagonale vaut toujours +1, puisqu’un indicateur est parfaitement corrélé avec lui-même. Le tableau est aussi symétrique : les deux moitiés présentent les mêmes résultats. L’ordre n’est plus alphabétique : un regroupement automatique rapproche les variables dont la valeur absolue de r est la plus forte, afin de faire apparaître des blocs cohérents. Changez l’échelle, la province, la commune ou l’année pour voir si ces relations restent stables.
Une corrélation proche de +1 ou de −1 signale une association forte entre les zones comparées. Elle ne prouve jamais que l’un des indicateurs produit l’autre.
Un exemple dans le Grand Nouméa. En 2019, la corrélation entre la part des personnes nées hors de Nouvelle-Calédonie et celle des cadres et professions intermédiaires atteint 0,72 dans les 58 zones. Autrement dit, ces deux proportions sont souvent élevées dans les mêmes quartiers. Le graphique ne permet pas, à lui seul, de savoir pourquoi.
Données et méthode
Pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, les contours des 162 IRIS et leurs données proviennent du recensement de 2019 diffusé par l’Isee, complété par PopGIS3. Vingt variables sont proposées : résidence en tribu, lieu de naissance, diplômes, emploi, chômage, contrats, catégories professionnelles, âge, familles monoparentales, logement, équipement et déplacements. Lorsqu’une valeur ne peut pas être calculée, l’IRIS apparaît en gris et n’entre pas dans la corrélation concernée.
Pour le Grand Nouméa, les douze indicateurs portent sur le lieu de naissance, le diplôme, l’emploi, les catégories professionnelles, la langue, le logement et l’équipement. Les tableaux d’origine comptent 61 quartiers. Certains quartiers voisins ont été regroupés pour correspondre aux contours cartographiques disponibles : les visualisations présentent donc 58 zones comparables entre 2014 et 2019. Deux petits îlots rattachés à l’Anse-Vata ne sont pas dessinés dans la vue agrandie, afin de ne pas écraser la carte principale.
Le dénominateur change selon l’indicateur. Le chômage est calculé parmi les personnes actives, les catégories professionnelles parmi les personnes en emploi, et certains équipements à partir des ménages. Les intitulés et les infobulles indiquent la population utilisée. Enfin, tous les résultats comparent des lieux : une relation entre quartiers ne peut pas être appliquée automatiquement à chaque personne qui y vit.