Inégalités de revenus : où se situe la Nouvelle-Calédonie ?

Cinq outils pour mesurer l’écart entre les plus modestes et les plus aisés, expliqués simplement, puis la comparaison avec la France, les Outre-mer et le reste du monde

Quelle part des revenus va aux 10 % les plus aisés ? Combien d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté ? Cinq façons simples de mesurer les inégalités de revenus, et ce qu’elles disent de la Nouvelle-Calédonie face à la France, aux Outre-mer, aux pays riches et au reste du monde (Isee 2019, Banque mondiale, OCDE).
Inégalités
Économie
Auteur·rice

Jonas Brouillon

Date de publication

1 novembre 2026

Imaginons que l’on partage 100 francs entre tous les habitants de la Nouvelle-Calédonie, exactement comme se partagent leurs revenus. On les range du plus modeste au plus aisé, puis on forme dix groupes de même taille. Le groupe le plus modeste reçoit 1,7 franc. Le groupe le plus aisé en reçoit 27 francs, soit 15,3 fois plus.

Ce partage est-il très inégal ? Plus ou moins qu’en France, en Australie ou au Brésil ? Pour répondre, les statisticiens disposent d’une petite boîte à outils : cinq indicateurs, du plus simple au plus complet. Nous les présentons un par un, avant de comparer la Nouvelle-Calédonie à la France et à ses Outre-mer, puis au reste du monde. Les chiffres calédoniens viennent de la dernière enquête de l’Isee sur le budget des familles, menée en 2019-2020, avant la crise ouverte en mai 2024. Les comparaisons internationales s’appuient sur les données de la Banque mondiale et de l’OCDE.

En bref

1 · Partager

Sur 100 francs de revenus, les 10 % les plus aisés en reçoivent 27 francs, les 10 % les plus modestes 1,7 franc.

1,7 Fcontre27 F

Soit 15,3 fois plus. Si tout le monde avait le même revenu, chaque dixième de la population recevrait 10 francs. Revenus après impôts et prestations sociales, en tenant compte de la taille du ménage : Nouvelle-Calédonie, 2019 (Isee).

2 · Écarts

Les 20 % les plus aisés reçoivent 8,4 fois plus que les 20 % les plus modestes. En France, 4,4 fois plus.

5,2 %contre44 %

Part du total des revenus reçue par les 20 % les plus modestes et par les 20 % les plus aisés en 2019 (Isee). En France métropolitaine, 8,7 % et 39 % (Insee, 2018) : l’écart y est presque deux fois plus faible.

3 · Pauvreté

18,3 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, deux fois plus qu’en France.

18,3 %

Le seuil est la moitié du revenu médian, celui qui partage la population en deux : 86 100 F CFP par mois pour une personne seule en 2019. Au total, 49 700 personnes vivent en dessous. En France, 8,7 % au même seuil (OCDE, 2023).

4 · Cinq outils

Les cinq outils de mesure donnent le même résultat : la Nouvelle-Calédonie est plus inégalitaire que la France.

5sur5

L’écart tient surtout aux plus modestes : la pauvreté est deux fois plus fréquente qu’en France. Pour les 10 % les plus aisés, il est faible : 27 % du total contre 25 %.

5 · France et Outre-mer

Parmi la France et les Outre-mer comparés, seule la Guyane a un indice de Gini plus élevé.

0,30contre0,42

L’indice de Gini résume tout le partage : 0 si chacun a le même revenu, 1 si une seule personne a tout. Ici, France métropolitaine (2018) et Nouvelle-Calédonie (2019), calculés de façon comparable par l’Isee, sans les produits du champ ou de la pêche consommés par les familles. La Guyane atteint 0,43.

6 · Monde

Dans le monde, 35 pays sur 164 seulement ont un écart plus grand qu’en Nouvelle-Calédonie.

35sur164

L’écart mesuré : combien de fois plus reçoivent les 20 % les plus aisés que les 20 % les plus modestes (rapport S80/S20), 8,4 en Nouvelle-Calédonie. Il va de 3,1 en Inde à 29,2 en Haïti (dernière enquête de 164 pays depuis 2010, Banque mondiale). Les mesures diffèrent d’un pays à l’autre : ces comparaisons donnent des ordres de grandeur.

7 · OCDE

Sur 43 pays suivis par l’OCDE, cinq seulement ont un écart plus grand que la Nouvelle-Calédonie.

5sur43

En Nouvelle-Calédonie, les 20 % les plus aisés reçoivent 8,4 fois plus que les 20 % les plus modestes. Seuls l’Afrique du Sud, le Costa Rica, le Brésil, le Chili et les États-Unis font plus ; l’Australie (5,6), la Nouvelle-Zélande (5,5) et la France (4,6) sont loin derrière (OCDE).

8 · Avant la crise

Des chiffres d’avant la crise de mai 2024 : de 2008 à 2019, les inégalités avaient un peu reculé.

0,41puis0,39

Indice de Gini en 2008 et en 2019 (Isee) ; le taux de pauvreté est passé de 18,6 % à 18,3 %. Les effets de la crise ne sont pas encore mesurés. Ces outils ne disent pas non plus d’où viennent les écarts, ni ce que chacun possède.

Lire les limites ↓

Avant de mesurer : partager le gâteau

Les inégalités se conjuguent au pluriel : de revenus, de patrimoine, de diplôme, d’emploi, de logement, de santé… Nous avons par exemple comparé les diplômes, l’emploi et le logement des natifs et des personnes nées en métropole dans un précédent article. Celui-ci porte sur les revenus, les plus souvent comparés d’un pays à l’autre. Avant de sortir les outils, il faut passer par deux étapes.

Étape 1 : calculer le niveau de vie de chacun

Comparer des salaires ne suffit pas. Beaucoup de personnes n’en touchent pas : enfants, retraités, chômeurs. Et un même salaire ne fait pas vivre de la même façon une personne seule et une famille de cinq. Les instituts statistiques, l’Isee en Nouvelle-Calédonie comme l’Insee en France, calculent donc le niveau de vie de chaque ménage, en trois temps :

  • on additionne tous ses revenus : salaires, retraites, allocations et prestations sociales, revenus du patrimoine, aides régulières d’autres ménages ;
  • on retire les impôts directs ;
  • on divise par la taille du ménage, en tenant compte des économies que permet la vie à plusieurs : il ne faut pas deux fois plus d’argent pour vivre à deux que seul, car on partage le logement et une partie des dépenses. Les statisticiens comptent pour cela des unités de consommation : 1 pour le premier adulte, 0,5 pour chaque autre personne de 14 ans ou plus, 0,3 pour chaque enfant plus jeune.
400 000 F CFPrevenu disponible du ménage, par mois
2,1unités de consommation
190 476 F CFPniveau de vie de chacun des quatre membres

Un ménage imaginaire : un couple et deux enfants de moins de 14 ans. Tous ses membres ont le même niveau de vie. En 2019, ce ménage aurait été compté comme pauvre avec moins de 180 800 F CFP par mois (Isee).

En Nouvelle-Calédonie, l’Isee ajoute un élément : l’autoconsommation, c’est-à-dire ce que le ménage produit et consomme lui-même, du champ, du jardin, de la cueillette, de l’élevage, de la chasse ou de la pêche, compté au prix du marché. C’est la définition officielle du niveau de vie calédonien. L’Insee, l’OCDE et la Banque mondiale, eux, ne la comptent pas. Pour comparer, l’Isee calcule donc aussi ses indicateurs sans l’autoconsommation, sur le seul niveau de vie monétaire. Les comparaisons qui suivent donnent les deux valeurs.

Étape 2 : ranger la population et la couper en dix

Une fois le niveau de vie de chacun calculé, on range toute la population en file, du plus modeste au plus aisé, puis on la coupe en dix groupes de même taille : les dixièmes de la population. Les niveaux de vie qui séparent ces groupes s’appellent les déciles : on les retrouvera avec le troisième outil. Si tout le monde avait le même niveau de vie, chaque groupe recevrait 10 % du total : un gâteau coupé en parts égales.

Chargement de la figure…

En Nouvelle-Calédonie, les parts sont très inégales. En 2019, les 10 % les plus modestes reçoivent 1,7 % du total des niveaux de vie, les 10 % les plus aisés 27 %. La moitié la plus modeste de la population se partage 22 % du total : moins que les seuls 10 % les plus aisés.

Voir la part de chaque dixième de la population
Dixième de la population 2008 2019
1er (le plus modeste) 1,8 % 1,7 %
2e 3,3 % 3,5 %
3e 4,4 % 4,6 %
4e 5,6 % 5,8 %
5e 6,7 % 6,9 %
6e 8,4 % 8,6 %
7e 10 % 11 %
8e 13 % 14 %
9e 17 % 18 %
10e (le plus aisé) 29 % 27 %

Part du total des niveaux de vie, calculée à partir de la courbe de Lorenz de l’Isee.

La boîte à outils : cinq indicateurs

Dix parts, cela fait encore beaucoup de chiffres pour comparer deux pays ou deux années. On les résume donc par un indicateur. Il en existe cinq principaux, qui ne répondent pas tout à fait à la même question : les trois premiers regardent les extrémités de la file, le quatrième résume toute la file, le cinquième compte les personnes qui décrochent du reste de la population.

  • Outil 1

    La part des 10 % les plus aisés

    Quelle part du gâteau reçoivent les 10 % les mieux lotis ?

    À égalité parfaite
    10 %
    Nouvelle-Calédonie, 2019
    27 %
    France, 2023 (Banque mondiale)
    25 %
    Voir l’outil 1 ↓
  • Outil 2

    Le rapport S80/S20

    Combien de fois plus reçoivent, ensemble, les 20 % les plus aisés que les 20 % les plus modestes ?

    À égalité parfaite
    1
    Nouvelle-Calédonie, 2019
    8,4
    France, 2018 (Insee)
    4,4
    Voir l’outil 2 ↓
  • Outil 3

    Le rapport D9/D1

    Combien de fois plus gagne-t-on à l’entrée des 10 % les plus aisés qu’à la limite des 10 % les plus modestes ?

    À égalité parfaite
    1
    Nouvelle-Calédonie, 2019
    7,1
    France, 2018 (Insee)
    3,5
    Voir l’outil 3 ↓
  • Outil 4

    L’indice de Gini

    Un seul chiffre pour résumer tout le partage, du plus modeste au plus aisé.

    À égalité parfaite
    0
    Nouvelle-Calédonie, 2019
    0,39
    France, 2018 (Insee)
    0,30
    Voir l’outil 4 ↓
  • Outil 5

    Le taux de pauvreté

    Quelle part de la population vit avec moins de la moitié du niveau de vie médian ?

    À égalité parfaite
    0 %
    Nouvelle-Calédonie, 2019
    18,3 %
    France, 2023 (OCDE)
    8,7 %
    Voir l’outil 5 ↓

Pour la Nouvelle-Calédonie, les cinq outils vont dans le même sens, mais pas avec la même force, et ces différences sont instructives. Chacun est présenté ci-dessous de la même façon : la question qu’il pose, une illustration, sa valeur en Nouvelle-Calédonie et en France, puis ce qu’il voit et ce qu’il laisse de côté. Un lien permet ensuite de l’afficher sur le globe, qui le compare au reste du monde.

Outil 1 : la part des 10 % les plus aisés

La question. C’est l’outil le plus simple : quelle part du gâteau revient aux 10 % les mieux lotis ? À égalité parfaite, elle vaudrait 10 %.

Chargement de la figure…

En Nouvelle-Calédonie, elle est de 27 % en 2019, contre 29 % en 2008. Plus d’un quart du total des niveaux de vie va donc à un habitant sur dix. En France, la Banque mondiale l’estime à 25 % en 2023, à peine moins.

Ce qu’il voit, ce qu’il ne voit pas. Il renseigne sur le haut de l’échelle, mais ne dit rien du bas. Or c’est à l’autre bout de la file que la Nouvelle-Calédonie se distingue le plus : les 20 % les plus modestes n’y reçoivent que 5,2 % du total. L’Isee fait le même constat en comparant les niveaux de vie avec ceux des Outre-mer, à pouvoir d’achat égal : Mayotte mise à part, les Calédoniens les plus modestes ont les niveaux de vie les plus bas, avec ceux de Guyane, alors que les 30 % les plus aisés sont au niveau des autres territoires (synthèse n° 52, p. 6). Les outils suivants, qui regardent aussi le bas de l’échelle, le confirment.

Afficher la part des 10 % les plus aisés sur le globe ↓

Outil 2 : le rapport S80/S20

La question. Combien de fois plus reçoivent, ensemble, les 20 % les plus aisés que les 20 % les plus modestes ? À égalité parfaite, le rapport vaut 1 : chaque cinquième de la population reçoit autant.

Chargement de la figure…

En Nouvelle-Calédonie, en 2019, les 20 % les plus aisés reçoivent 44 % du total des niveaux de vie, les 20 % les plus modestes 5,2 %. Les premiers reçoivent donc 8,4 fois plus que les seconds (9,1 fois en 2008). En France métropolitaine, les 20 % les plus aisés reçoivent 39 % du total, les 20 % les plus modestes 8,7 % : le rapport est de 4,4 (Insee, 2018). L’écart calédonien est presque deux fois plus grand.

Ce qu’il voit, ce qu’il ne voit pas. Il regarde les deux bouts de la file à la fois : il réagit donc à la faiblesse des plus petits revenus autant qu’à la concentration des plus hauts. Il ignore en revanche les 60 % de la population situés entre les deux.

Afficher le rapport S80/S20 sur le globe ↓

Outil 3 : le rapport D9/D1

La question. Cette fois, on ne compare plus des parts du gâteau, mais deux personnes. La première se trouve à la limite des 10 % les plus modestes : son niveau de vie est appelé premier décile, ou D1. La seconde se trouve à l’entrée des 10 % les plus aisés : son niveau de vie est le neuvième décile, ou D9. Le rapport D9/D1 dit combien de fois la seconde dispose de plus que la première. À égalité parfaite, il vaut 1.

Chargement de la figure…

En Nouvelle-Calédonie, en 2019, les 10 % les plus modestes vivent avec moins de 63 560 F CFP par mois et par unité de consommation, les 10 % les plus aisés avec plus de 453 040 F CFP. Le second montant est 7,1 fois plus élevé que le premier (7,4 fois en 2008). La moitié de la population vit avec moins de 172 200 F CFP par mois et par unité de consommation : c’est le niveau de vie médian.

En France métropolitaine, les 10 % les plus modestes vivent avec moins de 934 € par mois et par unité de consommation, les 10 % les plus aisés avec plus de 3 261 € (Insee, 2018). Le rapport est de 3,5, deux fois moins. Pour comparer les deux échelles sans convertir les monnaies ni corriger les écarts de prix, la figure place chaque seuil par rapport au niveau de vie médian de son territoire : 172 200 F CFP par mois en Nouvelle-Calédonie, 1 771 € en France.

Ce qu’il voit, ce qu’il ne voit pas. Ce rapport a un avantage : il ignore les revenus tout en haut et tout en bas de l’échelle, que les enquêtes mesurent souvent mal. Il a l’inconvénient symétrique : il ne voit pas la concentration des très hauts revenus.

Afficher le rapport D9/D1 sur le globe ↓

Outil 4 : l’indice de Gini

La question. C’est l’outil le plus complet, et le plus utilisé pour comparer les pays : au lieu de regarder les deux bouts de la file, il tient compte de toute la population. Il porte le nom du statisticien italien Corrado Gini, qui en a posé les bases en 1912. Il est compris entre 0 et 1 :

  • 0 correspond à l’égalité parfaite : chacun reçoit la même chose ;
  • 1 correspond à l’inégalité maximale : une seule personne reçoit tout, les autres rien.

Entre les deux, plus l’indice est élevé, plus les revenus sont concentrés entre quelques mains. Il ne se lit pas comme un pourcentage : il se compare, d’une année à l’autre ou d’un pays à l’autre. On le trouve parfois multiplié par 100 (32 au lieu de 0,32), par exemple dans les indicateurs de développement de la Banque mondiale. La France est à 0,32, le Brésil à 0,50.

Chargement de la figure…

La courbe de Lorenz, ou l’indice en image

Pour passer des dix parts à un seul chiffre, on les empile. On lit, pour les 10 %, 20 %, 30 %… les plus modestes, quelle part du revenu total ils reçoivent ensemble. Les points obtenus dessinent une courbe, dite de Lorenz, du nom de l’économiste américain Max Lorenz qui l’a proposée en 1905 : c’est le panneau de droite de la figure.

En cas d’égalité parfaite, la courbe se confond avec la diagonale : les 30 % les plus modestes reçoivent 30 % du revenu, la moitié en reçoit la moitié. Plus les revenus sont inégaux, plus la courbe se creuse sous la diagonale.

L’indice de Gini mesure ce creux : c’est la surface hachurée entre la diagonale et la courbe, rapportée à toute la surface du triangle situé sous la diagonale. Elle est nulle en cas d’égalité. Si les 10 % les plus aisés recevaient tout, l’indice vaudrait 0,9 sur cette figure, et non 1 : les membres de ce dernier groupe se partageraient encore tout à parts égales. Il n’atteint 1 que si une seule personne reçoit tout.

Calculé ainsi sur dix groupes, l’indice est un peu plus bas que l’indice officiel, calculé personne par personne, car il ne voit pas les écarts à l’intérieur de chaque groupe.

Une autre façon de le lire

L’indice a une lecture plus concrète. Prenons deux personnes au hasard et mesurons l’écart entre leurs revenus. En moyenne, cet écart vaut deux fois l’indice de Gini, en part du revenu moyen. Avec un indice de 0,32, comme en France, deux personnes prises au hasard sont séparées en moyenne par 64 % du revenu moyen. Avec 0,50, comme au Brésil, cet écart égale à peu près le revenu moyen.

En Nouvelle-Calédonie et en France

En Nouvelle-Calédonie, l’indice de Gini des niveaux de vie vaut 0,39 en 2019, contre 0,41 en 2008, selon les enquêtes de l’Isee sur le budget des familles. La baisse est légère : les inégalités restent élevées. Sans l’autoconsommation, comme pour l’Insee, il monte à 0,42. Les prestations sociales et les impôts directs réduisent les écarts : sans eux, d’après l’Isee, l’indice serait d’environ 0,04 plus élevé, à 0,43.

En France métropolitaine, l’indice est de 0,30 (Insee, 2018).

Ce qu’il voit, ce qu’il ne voit pas. Il résume tout le partage en un seul chiffre. Mais un même indice peut correspondre à des situations différentes : des plus modestes très pauvres, ou une petite minorité qui concentre les revenus. D’où l’intérêt de le lire avec les autres outils (voir les limites).

Afficher l’indice de Gini sur le globe ↓

Outil 5 : le taux de pauvreté

La question. Le dernier outil ne mesure pas l’écart entre les plus modestes et les plus aisés : il compte les personnes qui décrochent du reste de la population. On fixe un seuil de pauvreté, puis on calcule la part de la population qui vit en dessous.

En Nouvelle-Calédonie, ce seuil est relatif : il est fixé à la moitié du niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux moitiés. En 2019, le niveau de vie médian était de 172 200 F CFP par mois et par unité de consommation. Le seuil était donc de 86 100 F CFP par mois pour une personne seule, et de 180 800 F CFP pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. L’OCDE publie un taux au même seuil de 50 % pour tous ses pays. En France, l’Insee retient le plus souvent un seuil plus haut, à 60 % du niveau de vie médian : nous utilisons ici le seuil de 50 % partout.

Chargement de la figure…

En Nouvelle-Calédonie, 18,3 % de la population vit sous ce seuil en 2019, soit 49 700 personnes : près d’une sur cinq. Le taux était de 18,6 % en 2008. Sans les prestations sociales et les impôts directs, il atteindrait 22,5 %.

En France, d’après l’OCDE, le taux est de 8,7 % en 2023, au même seuil de 50 %.

Ce qu’il voit, ce qu’il ne voit pas. Comme les autres outils, ce taux est relatif : il mesure la distance au reste de la population, pas le manque de nourriture ou de logement. Si tous les revenus doublaient du jour au lendemain, il ne changerait pas.

Afficher le taux de pauvreté sur le globe ↓

Cinq outils, un même constat

Les cinq outils disent la même chose : la Nouvelle-Calédonie est plus inégalitaire que la France. Mais l’écart n’a pas partout la même ampleur. Il est le plus grand pour les outils qui regardent le bas de l’échelle : le taux de pauvreté et le rapport D9/D1 sont deux fois plus élevés qu’en France, le rapport S80/S20 presque deux fois. Il est faible pour la part des 10 % les plus aisés (27 % du total contre 25 %). Ce qui distingue la Nouvelle-Calédonie, c’est d’abord la faible part qui revient aux plus modestes. Ce constat tient-il face aux Outre-mer et au reste du monde ?

La Nouvelle-Calédonie face à la France et au monde

Reste à situer la Nouvelle-Calédonie, en partant du plus proche : la France et ses Outre-mer d’abord, avec des définitions rapprochées par l’Isee ; puis le monde entier, sur un globe ; enfin les pays riches, dont le niveau de vie est le plus proche. La Nouvelle-Calédonie ne figure ni dans la base de la Banque mondiale ni dans celle de l’OCDE : nous plaçons ses chiffres, ceux de l’Isee, à côté.

Plus inégalitaire que la France et la plupart des Outre-mer

C’est la comparaison la plus solide, car l’Isee a rapproché les définitions : il retire l’autoconsommation du niveau de vie calédonien, comme le fait l’Insee. L’indice de Gini calédonien passe alors de 0,39 à 0,42.

Sur cette base, la Nouvelle-Calédonie (0,42 en 2019) est nettement plus inégalitaire que la France métropolitaine (0,30 en 2018), la Guadeloupe (0,34) et La Réunion (0,36). Parmi les territoires comparés par l’Isee, seule la Guyane fait un peu plus (0,43). Les autres outils vont dans le même sens. Les 20 % les plus aisés reçoivent 10,2 fois plus que les 20 % les plus modestes en Nouvelle-Calédonie, 4,4 fois plus en France métropolitaine ; là encore, seule la Guyane fait plus (10,5). Quant au rapport D9/D1, il est plus élevé en Nouvelle-Calédonie (8,7) que dans tous les autres territoires, Guyane comprise (7,8).

Chargement de la figure…

Dans le monde : un globe pour chaque outil

Pour le reste du monde, la Banque mondiale rassemble les enquêtes nationales menées auprès des ménages. Nous retenons pour chaque pays la plus récente, réalisée depuis 2010 : 164 pays au total. Elles permettent de calculer trois des cinq outils : la part des 10 % les plus aisés, le rapport S80/S20 et l’indice de Gini. Pour les deux autres, le rapport D9/D1 et le taux de pauvreté, le globe se limite aux 43 pays suivis par l’OCDE.

Chargement du globe… Les valeurs de chaque pays figurent aussi dans les tableaux de l’article.

Choisissez un outil, faites tourner le globe ou centrez-le sur une région : les couleurs dessinent une géographie, du bleu, où les écarts sont les plus faibles, au rouge. Pour le pays choisi, le panneau donne aussi la valeur des cinq outils, à côté de celle de la Nouvelle-Calédonie.

Rapport S80/S20, affiché d’abord. Il va de 3,1 en Inde à 29,2 en Haïti. Avec 8,4, la Nouvelle-Calédonie n’est dépassée que par 35 des 164 pays. Des trois outils disponibles pour tous les pays, c’est celui où elle se classe le plus haut, ce qui confirme le constat précédent : c’est par le bas de l’échelle qu’elle se distingue.

Indice de Gini. Les pays les plus inégalitaires, en orange et en rouge (0,45 ou plus), se trouvent tous en Amérique latine, dans les Caraïbes ou en Afrique subsaharienne. Les plus égalitaires, en bleu (moins de 0,30), sont surtout européens : 20 sur 32 se trouvent en Europe ou en Asie centrale. L’indice va de 0,23 en Inde à 0,60 en Haïti, dont la dernière enquête date de 2012. La Nouvelle-Calédonie se situe au-dessus de la plupart des pays : sept sur dix ont un indice plus bas que le sien (0,39), et même quatre sur cinq si on le calcule sans l’autoconsommation (0,42).

Part des 10 % les plus aisés. Elle va de 19 % en Slovaquie à 48 % en Haïti. La Nouvelle-Calédonie (27 %) se trouve au milieu du classement : 88 des 164 pays ont une part plus élevée.

Rapport D9/D1 et taux de pauvreté. Le globe ne montre alors que les 43 pays suivis par l’OCDE, en grande majorité des pays riches. Ils sont comparés plus bas, parmi les pays riches.

Ces comparaisons demandent quelques précautions, détaillées juste après.

Voir l’indice de Gini, la part des 10 % les plus aisés et le rapport S80/S20 par pays

Le tableau s’affiche avec JavaScript. Les données sont téléchargeables : gini-monde.csv.

Comparer avec prudence

Ces comparaisons donnent des ordres de grandeur. Quelques centièmes d’écart entre deux pays peuvent tenir à la façon de mesurer : mieux vaut retenir les grands écarts. Quatre différences invitent à la prudence.

Ce que l’on mesure : le revenu ou la consommation. Dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Asie et du Pacifique insulaire, les enquêtes de la Banque mondiale mesurent ce que les ménages consomment plutôt que ce qu’ils gagnent : c’est souvent plus fiable quand une grande partie des ressources vient de l’agriculture, du travail indépendant ou de l’économie informelle. C’est le cas de l’Inde, en bas de l’échelle. Or la consommation est en général moins inégale que le revenu : les ménages aisés épargnent une partie de leurs revenus, et la consommation varie moins d’une année à l’autre. Dans les 88 enquêtes où la Banque mondiale publie les deux mesures pour un même pays et une même année, le revenu donne un indice de Gini plus élevé sept fois sur dix. L’OCDE, elle, mesure toujours le revenu, comme l’Isee.

Comment on tient compte de la taille du ménage. La Banque mondiale divise le revenu du ménage par le nombre de ses membres, sans tenir compte des économies que permet la vie à plusieurs. Cela accentue un peu les écarts : pour la France de 2018, elle obtient un indice de Gini de 0,32, contre 0,30 pour l’Insee. L’OCDE, qui tient compte de ces économies d’une autre façon, obtient des chiffres très proches de ceux de l’Insee. Mesurée comme la Banque mondiale, la Nouvelle-Calédonie paraîtrait donc probablement un peu plus inégalitaire, pas moins.

Avec ou sans autoconsommation. L’OCDE et la Banque mondiale ne comptent que les revenus en argent. En Nouvelle-Calédonie, l’autoconsommation réduit les écarts. C’est pourquoi les figures montrent deux valeurs calédoniennes : la plus comparable aux autres pays est celle sans autoconsommation.

Des années différentes. Les dernières enquêtes de la Banque mondiale s’étalent de 2010 à 2025 selon les pays, les données de l’OCDE retenues de 2017 à 2025. L’enquête calédonienne date de 2019.

Parmi les pays riches, un écart rarement atteint

Les pays les plus utiles à la comparaison sont ceux dont le niveau de vie est proche : la Banque mondiale classe la Nouvelle-Calédonie parmi les pays à revenu élevé. C’est pourquoi ses voisins insulaires du Pacifique ne sont pas comparés ici : des dix présents dans la base, tous sauf Nauru sont classés à revenu intermédiaire, tous sont mesurés sur la consommation, et l’Isee souligne que les taux de pauvreté publiés à Fidji ou au Vanuatu, calculés à partir des besoins de base, ne sont « en aucun cas comparables » au sien.

Les 43 pays suivis par l’OCDE offrent la comparaison la plus serrée : presque tous sont riches, avec quelques grands pays partenaires comme le Brésil ou l’Afrique du Sud, et tous mesurent le revenu. Nous retenons pour chacun la dernière année disponible (de 2017 à 2025 selon les pays).

Commençons par le rapport S80/S20. Dans le pays situé au milieu du classement de l’OCDE, les 20 % les plus aisés reçoivent 5,2 fois plus que les 20 % les plus modestes ; en Nouvelle-Calédonie, 8,4 fois plus. Seuls cinq des 43 pays font davantage : l’Afrique du Sud, le Costa Rica, le Brésil, le Chili et les États-Unis. Et si l’on retire l’autoconsommation, comme le fait l’OCDE (10,2), il n’en reste que trois : l’Afrique du Sud, le Costa Rica et le Brésil. La France (4,6), l’Australie (5,6) et la Nouvelle-Zélande (5,5) sont loin derrière.

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Les boutons de la figure affichent les autres outils. Ils vont dans le même sens :

  • rapport D9/D1 : 4,3 au milieu du classement ; seuls l’Afrique du Sud, le Costa Rica, le Brésil et le Chili font plus que la Nouvelle-Calédonie (7,1), et seulement l’Afrique du Sud et le Costa Rica sans l’autoconsommation (8,7) ;
  • indice de Gini : 0,31 au milieu du classement ; sept pays font plus (l’Afrique du Sud, le Costa Rica, le Brésil, le Chili, la Turquie, le Mexique et les États-Unis), cinq sans l’autoconsommation (0,42) ;
  • taux de pauvreté : 12,2 % au milieu du classement ; seuls l’Afrique du Sud, le Costa Rica et le Brésil font plus, et les États-Unis sont au même niveau (18,1 % en 2023). Sans l’autoconsommation (20,7 %), il ne reste que l’Afrique du Sud et le Costa Rica ;
  • part des 10 % les plus aisés, seule nuance : 10 des 41 pays pour lesquels la Banque mondiale la mesure sur le revenu font plus (l’OCDE ne la publie pas). Le haut de l’échelle calédonienne se distingue moins que le bas.

Au total, même avec sa définition officielle, qui lui est la plus favorable, seuls trois pays dépassent la Nouvelle-Calédonie sur les quatre indicateurs de l’OCDE à la fois : l’Afrique du Sud, le Costa Rica et le Brésil. Sans l’autoconsommation, il ne reste que l’Afrique du Sud et le Costa Rica. Ses deux grands voisins, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, sont nettement en dessous sur chacun. Les États-Unis, souvent cités comme le plus inégalitaire des grands pays riches, sont proches de la Nouvelle-Calédonie pour l’indice de Gini, le rapport S80/S20 et le taux de pauvreté, mais ont un rapport D9/D1 plus faible (6,4).

La base plus large de la Banque mondiale confirme ce constat. Sur ses 47 pays à revenu élevé, six seulement ont un indice de Gini plus élevé que la Nouvelle-Calédonie (le Panama, le Costa Rica, le Chili, les États-Unis, l’Uruguay et la Bulgarie), et quatre un rapport S80/S20 plus élevé (le Panama, le Costa Rica, les États-Unis et le Chili). Mesurée comme la Banque mondiale, qui accentue un peu les écarts (voir plus haut), la Nouvelle-Calédonie se classerait probablement encore un peu plus haut.

Voir les cinq indicateurs des pays de l’OCDE

Le tableau s’affiche avec JavaScript. Les données sont téléchargeables : indicateurs-ocde.csv.

Ce que les indicateurs ne disent pas

Ils ne disent pas d’où viennent les écarts. Deux sociétés peuvent avoir le même indice de Gini avec des inégalités de nature différente : dans l’une, les plus modestes sont très pauvres ; dans l’autre, une petite minorité concentre les revenus. D’où l’intérêt de regarder plusieurs outils à la fois : en Nouvelle-Calédonie, c’est surtout le bas de l’échelle qui s’écarte des pays riches, bien plus que la part des plus aisés.

Ils ne disent pas qui est pauvre ou aisé. Ces outils ne renseignent ni sur le niveau de vie moyen, ni sur les écarts entre provinces, communautés ou générations. En Nouvelle-Calédonie, l’Isee mesure par exemple un niveau de vie médian de 116 780 F CFP par mois dans les ménages kanak, deux fois moins élevé que dans les autres ménages (234 220 F CFP), en 2019. Un ménage est dit kanak quand sa personne de référence s’est déclarée uniquement kanak.

Ils dépendent de la façon de compter les revenus. Selon que l’on compte ou non l’autoconsommation, les prestations sociales et les impôts, l’indice de Gini calédonien de 2019 varie de 0,39 à 0,43, et le taux de pauvreté de 18,3 % à 22,5 %. Le niveau de vie ne retient en outre que les aides régulières entre ménages : les dons ponctuels et les échanges non monétaires, autoconsommation mise à part, n’y figurent pas. C’est une limite à garder en tête dans une société où les solidarités familiales et coutumières comptent.

La pauvreté relative n’est pas la misère. Le taux de pauvreté mesure la distance au niveau de vie médian, pas la privation. Un ménage sous le seuil peut disposer de ressources que l’enquête ne voit pas ; un ménage au-dessus peut manquer de l’essentiel.

Ils ne mesurent pas le patrimoine. Terres, logement, épargne : le patrimoine est en général bien plus inégalement réparti que le revenu, mais il n’entre pas dans le niveau de vie.

Ils datent. L’enquête calédonienne de 2019-2020 est la plus récente. De la précédente, en 2008, à celle-ci, les cinq outils avaient tous un peu baissé : l’indice de Gini de 0,41 à 0,39, le taux de pauvreté de 18,6 % à 18,3 %. Les effets de la crise ouverte en mai 2024 sur l’emploi et les revenus ne sont pas mesurés ici.

Méthode et sources

Nouvelle-Calédonie. Indices de Gini, rapports S80/S20 et D9/D1, taux et seuils de pauvreté, déciles de niveau de vie : tableaux de l’Isee issus des enquêtes Budget des familles (BDF) 2019-2020 et Budget consommation des ménages (BCM) 2008, page « Revenus et inégalités » (données mises à jour le 26 août 2021). Les indicateurs de 2008 ont été recalculés par l’Isee selon la définition de 2019. Les variantes de l’indice de Gini et du taux de pauvreté (avant redistribution, sans autoconsommation) et le tableau de comparaison avec la France et les DOM, dont les indicateurs sur le niveau de vie monétaire, sont recopiés de la synthèse n° 52 de l’Isee (p. 4 et 6). Ce tableau donne aussi un indice de 0,530 pour la Polynésie française (ISPF, 2015), que nous n’avons pas repris faute d’avoir pu le rapprocher d’une publication de l’ISPF.

France métropolitaine. L’indice de Gini et les rapports S80/S20 et D9/D1 de 2018 sont ceux du tableau de comparaison de la synthèse n° 52 de l’Isee, d’après l’Insee. Les figures des outils 2 et 3 s’appuient aussi sur l’Insee, Revenus et patrimoine des ménages, édition 2021, fiche « Niveau de vie des personnes » (enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018, licence ouverte) : seuils des déciles du niveau de vie annuel, divisés par 12, et niveau de vie moyen de chaque dixième de la population. L’Insee ne publie pas la part du total reçue par chaque dixième : elle est tirée de son niveau de vie moyen, rapporté à dix fois celui de l’ensemble. Les parts cumulées obtenues redonnent, au dixième de point près, celles que publie l’Insee. L’Insee publie un rapport S80/S20 de 4,45 ; comme pour les autres territoires, nous citons celui du tableau de l’Isee, 4,4.

Courbe de Lorenz. L’Isee publie 1 141 points de la courbe pour 2008 et 2019. Les parts reçues par chaque groupe, dont celle des 10 % les plus aisés, en sont tirées par interpolation linéaire ; l’indice recalculé à partir de ces points redonne celui de l’Isee à 0,001 près.

Monde (Banque mondiale). Poverty and Inequality Platform, version du 22 septembre 2026 (licence CC BY 4.0) : pour chaque pays, la dernière enquête nationale réalisée depuis 2010, avec l’indice de Gini et la part du revenu (ou de la consommation) reçue par chaque dixième de la population ; lorsqu’une même année dispose des deux mesures, le revenu, plus proche de la mesure calédonienne, est préféré à la consommation. Le rapport S80/S20 en est tiré : part des deux dixièmes les plus aisés divisée par celle des deux plus modestes, calculée sur les parts non arrondies. Groupes de revenu et régions : classement de la Banque mondiale en vigueur en octobre 2026. Ne sont pas retenus huit pays de la base : six dont la dernière enquête nationale est antérieure à 2010, l’Argentine, dont l’enquête ne couvre que les villes, et Taïwan, non classé par groupe de revenu.

Monde (OCDE). Base de données de l’OCDE sur la distribution des revenus, consultée le 30 octobre 2026 (réutilisation libre avec mention de la source) : indice de Gini du revenu disponible, rapports D9/D1 et S80/S20, taux de pauvreté au seuil de 50 % du revenu disponible médian, pour la population totale et selon la définition des revenus en vigueur depuis 2012. Pour chacun des 43 pays, nous retenons la dernière année depuis 2015 qui dispose des quatre indicateurs ; la Chine et l’Inde, sans donnée postérieure à 2011, sont écartées. La part des 10 % les plus aisés des mêmes pays vient de la Banque mondiale, quand elle est mesurée sur le revenu : elle manque pour la Nouvelle-Zélande, absente de la base, et l’Afrique du Sud, mesurée sur la consommation.

Globe. Fond de carte Natural Earth au 1:110 m (version 5.1.2, domaine public), préparé par le script prepare_globe.R de l’article. Les couleurs suivent la palette Spectral de ColorBrewer, en six classes propres à chaque outil, du bleu (écarts les plus faibles) au rouge ; pour l’indice de Gini, du bleu (indice inférieur à 0,30) au rouge (0,50 et plus). L’indice de Gini, la part des 10 % les plus aisés et le rapport S80/S20 viennent de la Banque mondiale ; le rapport D9/D1 et le taux de pauvreté, de l’OCDE, les autres pays restant alors en gris. La Nouvelle-Calédonie, colorée selon sa définition officielle, est signalée par un cercle. Les petits États insulaires absents de ce fond (17 pays, dont Kiribati, Tonga ou les Samoa) sont figurés par un point placé à leur capitale, selon les coordonnées de la Banque mondiale. La Guyane, comprise dans le contour de la France, est laissée sans couleur : les Outre-mer sont comparés à part, avec les chiffres de l’Isee et de l’Insee.

Données. Les fichiers des figures peuvent être téléchargés : cinq indicateurs calédoniens, parts des dixièmes, seuils des déciles, seuils de pauvreté et niveaux de vie médians, courbe de Lorenz, parts des dixièmes en France, seuils des déciles en France, France et Outre-mer, indices, rapports S80/S20 et parts des dixièmes par pays, indicateurs de l’OCDE par pays, pays hors comparaison, fond de carte. Les calculs sont faits par le script analysis.R de l’article, qui vérifie chacun des chiffres cités.

Repères bibliographiques

À lire aussi

Inégalités Nés ici ou en métropole : des inégalités de diplôme, d’emploi et de logement Recensement de 2019 : des écarts que l’âge et le sexe n’expliquent pas. Inégalités territoriales Explorer les disparités territoriales en Nouvelle-Calédonie Vingt indicateurs comparés entre les 162 IRIS du pays et les quartiers du Grand Nouméa.

Citation

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Veuillez citer ce travail comme suit :
Brouillon, Jonas. 2026. “Inégalités de revenus : où se situe la Nouvelle-Calédonie ?” November 1. https://contours.nc/posts/inegalites-revenus-nouvelle-caledonie-monde/.